Dépression respiratoire

Les opiacés narcotiques comme la morphine, le fentanyl, l’hydromorphone, la codéine et le mépéridine ne sont que quelques-uns des médicaments souvent donnés par le personnel infirmier qui demandent une surveillance importante pour éviter l’effet secondaire le plus redouté avec les narcotiques: la détresse respiratoire.

C’est quoi une dépression respiratoire ?

La dépression respiratoire se manifeste par la réduction de la fréquence et de l’amplitude respiratoire, parfois des ronflements et des périodes d’apnée (arrêt de la respiration) et une baisse du taux d’oxygène sanguin (SpO2).

Une personne qui respire à moins de 10/minute, qui présente un niveau de conscience altérée et qui a reçu des opiacés devrait bénéficier d’une attention accrue et d’interventions immédiates.

Quels sont les médicaments en cause ?

Les médicaments ayant un effet dépressif sur le système nerveux central sont les opiacés, les benzodiazépines, les barbituriques, les neuroleptiques, les anti-dépresseurs, les anti-anémiques et les antihistaminiques. Leur administration combinée peut augmenter les effets dépressifs et entraîner des effets graves pouvant aller jusqu’au coma et la mort.

Le jugement clinique de l’infirmière auxiliaire est très important et elle doit aviser rapidement l’infirmière de tout changement dans l’état du client.

Les éléments de surveillance seront les suivants :

Chez les personnes qui reçoivent des narcotiques, les paramètres à surveiller sont les suivants: les signes vitaux, la fréquence et l’amplitude respiratoire, la saturation, l’échelle de douleur, le niveau de sédation et la présence de ronflements. La fréquence des évaluations se feront avant l’administration du médicament, au pic d’action et après l’administration. La fréquence et la durée des évaluations va dépendre de plusieurs facteurs dont la voie d’administration.

Amplitude respiratoire

Vérifier si l’amplitude est normale, profonde ou superficielle.

N = Normale

P= Profonde

S= Superficielle

Épisodes d’apnée

P= Présence

A= Absence

Calculer le temps de la pause ou de l’arrêt respiratoire sur une minute

Ronflements

La présence de ronflements n’est pas nécessairement signe de bien-être. Au contraire, les forts ronflements peuvent indiquer une dépression respiratoire associée à une obstruction des voies aériennes par la langue.

Fréquence respiratoire

Moins de 8 respirations/minute avec une personne qui s’éveille difficilement doit faire l’objet d’une intervention immédiate.

Saturation

Une saturation de moins de 92 % chez un individu sans problème pulmonaire chronique doit être mentionnée.

Évaluation de la douleur

Évaluer la douleur avec une échelle de 0 à 10.

État de conscience (Échelle de sédation)

Sommeil normal, éveil facile

Éveillé, alerte

Parfois somnolent, éveil facile

Somnolent, s’éveille mais se rendort facilement

Endormi profondément, s’éveille difficilement ou pas du tout

TA et PLS

Surveiller avant une première dose et régulièrement

Interventions prioritaires en cas de détérioration de l’état de santé du client

  • Aviser l’infirmière responsable
  • Cesser l’administration du médicament en cause. Par exemple, retirer le contrôle de la pompe ACP (pompe pour l’auto administration de la morphine)
  • Bien évaluer l’état de client en observant les éléments de surveillance mentionnés plus haut
  • Stimuler le client pour le réveiller, à prendre de grandes respirations profondes
  • Contrôler les signes vitaux (TA, PLS, R, SpO2)
  • Lui administrer de l’oxygène selon les procédures en place
  • Vérifier les procédures pour l’administration de l’antidote si nécessaire. Souvent Narcan I.V. administré par l’infirmière selon un protocole.

Références : Perspective Infirmière, novembre/décembre 2004, volume 2 numéro 2. Prévenir la dépression respiratoire liée à certains médicaments.

Autres ressources

  • Protocole Soins Infirmiers: Surveillance des opiacés
  • Surveillance clinique opiacés PDF





  • Une réalisation de Cobia interactif inc.